Confidences

Certains pensent savoir ce qu’est l’anorexie, mais finalement ils ne savent pas vraiment ce qu’il en est. Ils n’en n’ont pas conscience.
J’ai été – et suis encore – moi même touchée par l’anorexie, et à travers cette confidence
que je souhaite vous partager, j’aimerais mettre en avant la définition exacte à ma
souffrance, si souvent mal exprimée, mal comprise. Essayer d’expliquer, de faire
comprendre le pourquoi et le comment de cette maladie à travers l’atteinte qu’elle m’a
portée.
Une tâche qui, je vous avoue, me paraissait presque insurmontable puisque parfois je ne
me comprends pas toujours dans mes actes ou dans mes gestes. J’espère qu’aborder ce
sujet, extrêmement délicat, ne remuera pas seulement le couteau dans la plaie. J’espère
que ce texte vous apportera des choses, que vous comprendrez le message que je veux
faire passer.
Bien que l’anorexie soit une maladie complexe, qui je dirais, est presque propre à chacun, je raconterai mon parcours et j’évoquerai les différentes situations qui se sont présentées à moi.
En ce moment mon poids est plutôt stable, et ne bouge pas tant que ça. C’est à dire qu’il
varie souvent, selon les semaines, entre 1 ou 2 kilos, que parfois je perds et que parfois je
reprends, et cela depuis maintenant 1 an.
Aujourd’hui, j’ai un poids que je trouve tout à fait convenable pour ma taille – bien que je
ne l’accepte pas – et les autres sont contents pour moi. Ils se disent « Ah, c’est bien, elle a
repris du poids, elle est sur la bonne voix, c’est super. » Mais finalement, pas du tout.
Parce que l’anorexie est avant tout une maladie mentale. Et peu importe le poids que l’on fait, à partir du moment où l’on souffre mentalement et psychiquement, on est pas vraiment « guéri.e ». D’ailleurs, je ne pense pas qu’on puisse réellement guérir, je crois plutôt que la guérison est éphémère, et son sens, différent pour chacun. Pour moi, on passe simplement par des phases de notre vie plus ou moins exploitées par la maladie. Des moments où l’on se sent plus ou moins vulnérables et prédisposés à une rechute.
Mais encore une fois, ce n’est que mon point de vue personnel. Si vous croyez en la
guérison, faites tout votre possible pour y parvenir. Vous pouvez y arriver.
Justement, à propos de celle-ci, même si toutefois elle peut être interprétée différemment
par chaque personne, attention de ne pas crier victoire trop vite. La reprise de poids n’est
pas systématiquement synonyme de guérison. Parfois c’est même le contraire. Une reprise de poids trop rapide peut entraîner une rechute. Il faut prendre son temps, l’accepter.
Ce qu’il faut que les gents sachent, c’est que lorsque l’on est prisonnier de notre image
physique, qu’on ne se plait pas visuellement, ou bien que l’on est préoccupés par notre
poids, c’est qu’on est effectivement toujours très ancré dans la maladie.
Aujourd’hui, je suis arrivée à un stade ou je ne cherche plus à cacher mon mal être, ou quoi que ce soit d’autre. Non pas parce que c’est trop évident, mais parce que c’est une chose en moins, qui se révélait être extrêmement lourd à supporter pour mon petit coeur à lui seul.
Après m’être rendue compte que je souffrais de la pathologie la plus abstraite de toutes, j’ai tenté de cacher ma détresse psychique et morale par des mensonges absolument
ordinaires, et m’étais mis en tête que je devais définitivement me réduire au silence, afin de me persuader moi même que tout allait mieux, en disant aux gens avec le sourire que je me portais parfaitement bien, – ce qui était totalement faux. –
Mensonges aux cadences parfaites mais pas sans conséquences.
De cette manière, personne n’a donc remarqué que j’allais effectivement mal. Je demeurais complètement désemparée et désespérée, bouffée de l’intérieur par cette perspective démesurée et déformée de la réalité, ce tourbillon infernal. Définitivement piégée à travers cette immense souffrance dans laquelle je me suis égarée. Et cela car mon corps et mon esprit fonctionnent encore tout les deux en sens inverse, de manière opposés ; ce qui ne peut pas marcher.
Une angoisse intense venait alors de s’installer, une étrange peur que je ne saurais vous
décrire. Sans doute celle de ne jamais pouvoir sortir de ce fléau chaotique et paradoxal à la fois, placé à la limite de l’utopie.
J’étais inconditionnellement tirée vers le haut, puis vers le bas.
Mon poids jouait sans cesse au yo-yo. Les montées et les descentes devenaient au fil du
temps de plus en plus violentes et vertigineuses, comme dans les montagnes russes. Mes
sauts d’humeurs incessants, tantôt joyeux, tantôt dépressifs, qui dépendait de la variation de chaque grammes que je surveillais minutieusement; ainsi que l’affrontement perpétuel entre mon corps et mon esprit – qui avait déclenché par ailleurs l’arrivée d’un terrain conflictuel entre moi et ma famille – sonnait aussi faux que l’apparition d’une répression psychique.
Et c’est l’ensemble de ces événements, qui ont été pour moi, je crois, ce qu’il y a de plus
éprouvant, épuisant.
D’ailleurs, les variations de poids, parlons-en. Arrêtons de croire que l’anorexie est en
premier lieu définie par une peur intense de prendre du poids. Oui, cette peur est présente à un moment ou l’autre, mais elle n’est pas imminente, et encore moins instantanée au premier abord puisqu’elle peut se présenter sous une forme inconsciente. Encore une fois, tout dépend de chacun.
En ce qui me concerne, au début de mon anorexie, je me souviens que je perdais du poids sans vraiment m’en rendre compte (forme inconsciente), ce n’était pas désiré. C’est lorsque j’ai commencé à me sentir fatiguée, stressée, anxieuse, déprimée, et émotionnellement à fleur de peau, qu’on a constaté en me regardant, que j’avais eu une perte de poids importante. A partir de là, on m’a dit que j’étais anorexique. On a mi une étiquette à cette perte de poids, qui de base, n’était pas déclenchée par une envie de maigrir. C’était sans doute vrai, c’est une forme d’anorexie parmi d’autres.
Mais à l’entente de ce diagnostic, posé de façon précoce à mon stade de la maladie,
n’aurait-il pas entraîné mon cerveau un peu plus vers celle-ci ?
Un exemple tout simple : à force d’entendre que l’on est anorexique, notre cerveau
assimile le fait accompli et commence à agir comme tel, d’abord inconsciemment, puis
totalement. Il agit alors comme cette étiquette que l’on vous a collée, et petit à petit vous
vous confortez dans cette idée. Vous vous plaisez à l’idée d’être « fine, mince et délicate »,
car vous ne connaissez pas encore tous les risques que vous encourez puisque pour vous,
le mot anorexie vient à peine d’être découvert en son juste sens. Ou bien, si dans le cas
contraire, vous êtes totalement consciente des risques auxquels vous vous exposez, cela
vous est complètement égal. Vous faites donc tout votre possible pour maigrir, et c’est de
là que vous vient l’envie. Vous finissez par n’être jamais satisfait du résultat. Toujours
vouloir perdre plus de poids deviendra comme une obsession, un besoin à assouvir afin
que votre santé mentale puisse suivre, sans payer le prix de cette défaite – celle de n’avoir
maigri d’aucun gramme – à défaut d’une dépression. A partir de là, vous entrez
réellement dans une spirale parfaitement incontrôlable, que vous tenterez de contrôler par chacun de vos gestes, chacune de vos pensées.
Peut-être est-ce la période dans laquelle nous en sommes avec la maladie qui nous guide
vers son acceptation ?
C’est une de mes tentatives d’explications quant au déclenchement de cette maladie. J’ai
beaucoup cherché d’informations à ce sujet.
Et je ne sais pas si c’est ce qui s’est produit avec moi, étant donné que certains jours je
l’acceptais – presque avec une fierté déplacée, celle d’avoir maigri – et d’autres jours,
j’étais noyée dans le déni de mon propre corps, répétant sans cesse que je n’étais pas
anorexique. Que je n’étais pas « malade ».
Dans le fond, je crois que je savais que je l’étais, tout simplement. Mais je ne voulais pas y
croire.
Je me mélangeais et me compliquais l’esprit, piégée par mes propres pensées. Je
m’efforçais de croire et de chercher quelle cause précise était à l’origine de ce mal être, en vain.
En y réfléchissant un peu, en repensant à mon passé, j’ai ma petite idée. Mais j’ai laissé
tombé. ça me tourmentait beaucoup trop, et puis je ne voulais pas tirer de conclusion trop hâtive alors que je n’étais sûre de rien.
Et si finalement il n’y avait rien ? Pas de faille, pas de déclencheur, pas de cause tout
simplement ?
Certains disent qu’il y a forcément eu quelque chose, même infime, qui aurait pu
déclencher cette spirale, et que le mieux serait de remonter au moment ou tout à
commencé – ou même avant – pour y voir plus clair et ainsi trouver la cause à cela.
D’autre disent que plusieurs facteurs peuvent être de mise, que chercher une cause précise serait une perte de temps indéniable, et que ce serait plutôt une mauvaise chose, qui enfoncerait la personne au lieu de l’aider.
C’est d’une complexité à en attraper le tournis, à y perdre la tête. Je demeure encore
aujourd’hui complètement perdue.
La première fois qu’un médecin m’a révélé l’origine de cette perte de poids
impressionnante, je vous avoue que je ne me suis pas vraiment reconnue. Dans ma tête,
c’était « comment est-ce que je peux être considérée comme anorexique alors que je ne suis pas maigre, et que je ne souhaite pas perdre de poids?  » ( à l’époque j’ignorais si j’étais vraiment maigre ou non, car je ne savais que vaguement ce que représentait ce mot. Ma vision était déformée et j’avais l’impression d’être grosse malgré mon poids anormalement bas et préoccupant, « d’après les autres ».
Et puis au départ, oui, je me fichais pas mal de perdre du poids ou non, même si il est vrai que je me suis souvent, secrètement sentie « grosse ». (Ce qui n’était évidemment pas le cas).
Ce que je veux souligner là, c’est que l’anorexie n’est pas seulement une histoire de chiffres sur une balance. Je veux dire par là qu’on est pas forcément obligé de « vouloir perdre du poids » pour être anorexique. C’est un cliché.
La maladie, elle peut être présente sans qu’on le sache, elle est insidieuse, vicieuse,
sournoise et arrive dans la plus grande discrétion jusqu’au jour où tout explose.
Pour ma part, c’est un peu plus tard, quand j’avais déjà perdu pas mal de poids que j’ai
décidé qu’il fallait que j’en perde encore. Et franchement, je ne saurais vous dire pourquoi.
On dirait que j’ai profité de la situation, malgré moi. Et j’éprouve une certaine honte à cela.
Peut-être parce que perdre du poids était pour moi une alternative d’extériorisation aux
émotions négatives qui s’accumulaient en moi et que je ne parvenais pas à exprimer ;
notamment à la confiance en moi que j’avais perdue et que je croyais retrouver en me
sentant plus mince. En me sentant à l’image de la société, qui pense que la minceur est
synonyme de beauté. Ou peut-être rien de tout ça, je ne sais pas.
Vouloir être parfaite. Ne serait-ce pas un comportement orgueilleux qui relèverait du
narcissisme ? Non.
Je me suis longuement posé cette question. J’en ai conclu que ce n’était pas ma faute. Ce
n’est la faute de personne. C’est la faute à la maladie et on y peut rien.
Par la suite j’ai appris que la perfection n’existait pas réellement, ou seulement dans les
yeux de celui qui veut bien la voir.
Ce qui s’est passé, c’est qu’après avoir royalement fondue, j’étais au départ satisfaite. Puis
avec le temps, j’ai fini par me lasser. Avoir perdu tout ce poids ne me suffisait plus, il fallait nécessairement en perdre, toujours plus.
Je souhaitais maintenant perdre du poids, jusqu’à ce que, face au miroir, je sois satisfaite de ma silhouette. Ce que je ne savais pas encore, c’est que maigrir ne changerait en rien la vision que j’avais de moi même. Parfois, j’avais carrément l’impression d’avoir grossi alors qu’au contraire, je maigrissais encore davantage.
Malgré cette dysmorphophobie j’étais éprise par un double sentiment : d’un côté, celui de ma vision, totalement fausse et illusoire, et de l’autre, cette sensation étrange de bien être lorsque je voyais les kilos s’envoler sur ma balance. Dans ces moments là, je me sentais forte. C’était comme une sorte de fierté ( car maigrir est une chose que l’on est pas tous capable d’accomplir ).
Je me sentais forte et pourtant je m’affaiblissais de jours en jours. Je me sentais fière et
pourtant, je me trouvais terriblement monstrueuse.
Piégée dans une multitude de contradictions. Et un jour fut venu l’heure d’une
hospitalisation. Ce n’était pas ma première. J’étais maigre, mais pas « squelettique », j’avais
encore de la marge, mais cette fois ci, on ne m’a pas laissé d’autre choix que d’accepter la
sonde que j’allais bientôt recevoir…
Contrairement à la plupart des hospitalisations spécialisées pour les T.C.A, je n’ai pas été
contrainte à l’isolement, ou à toute forme de chantages alimentaires, si ce n’est le droit de
visite une fois tous les deux jours, ou l’augmentation des calories de la sonde en fonction
de ce que je décidais d’avaler.
A vrai dire, c’était quand même insupportable pour moi, comme pour mes proches, mais je ne devais surtout pas me plaindre.
J’étais à l’époque en pédiatrie, dans une unité tout à fait ordinaire, mais voilà : j’allais
bientôt avoir 17 ans, je n’était pas « guérie » et je n’avais plus ma place ici.
J’avais 16 ans lorsque je suis entré en pédiatrie. Normalement, j’avais passé l’âge, mais
étant donné mon état de santé, ceux qui m’on accepté ont surement eu pitié de moi. Ce
que j’en ai conclu de cette hospitalisation, c’est que l’équipe là bas s’était certainement dit
que si je « guérissais » rapidement, ce serait largement mieux que de devoir être transféré
chez les adultes, dans une unité plus adaptée, ou forcément, ça rigole beaucoup moins. Il
s’est avéré que je n’adhérais pas du tout au principe de la sonde et de son fonctionnement, j’ai donc été très résiliente, constamment sur la défensive. Le fait que ce soit une pédiatrie n’a rien arrangé. Personne ne savait comment s’y prendre, je n’étais absolument pas surveillée et j’en ai tirée bien des avantages : Complètement révoltée, j’ai fait tout mon possible pour aller à l’encontre de cette prise de poids. Je jetais les médicaments qu’on me donnait dans les toilettes, je refusais d’aller manger à la table commune avec les autres enfants, j’essayais de brûler tous mes calories en faisant des séries d’exercices et d’abdos pendant la nuit, en courant partout ou en faisant travailler mon cerveau à réfléchir, dessiner, et écrire. Je passais mes journée à dessiner. J’écrivais aussi, mais beaucoup moins car je ne pouvais pas me concentrer correctement à cause des enfants qui occupaient la même chambre que moi et qui me sollicitaient presque à chaque secondes.
Je faisais également croire que je mangeais, je m’amusais à boucher ma sonde en essayant de la vider avec les pipettes que les infirmières avaient oubliées sur ma table de nuit, puis je l’arrachais… et j’en passe des meilleurs.
Cette hospitalisation à été une véritable catastrophe.
Jamais je n’avais été aussi infernale. je venais de faire sortir le démon caché en moi, alors
qu’habituellement j’étais la fille super sage et timide, qui n’osais même pas dire bonjour à qui que ce soit.
On s’est donc dépêché de me faire grossir par l’intermédiaire de cette sonde afin que je
m’en aille le plus vite possible. J’avais repris du poids, mais la culpabilité, le mal-être et les fractures mentales avaient de nouveau repris le dessus. Eh oui, je venais de reprendre au moins 10 kg, sauf que je n’étais mentalement pas prête à cela, et mon corps, toujours très opposé à mon esprit maintenant inconsolable, s’est révolté de plus belle et m’a fait rechuter à ma sortie de l’hôpital, pour finir encore plus maigre qu’a mon arrivée.
Un peu de temps après, au moment où j’étais au plus bas, lorsque que j’avais touché le
fond et qu’il ne me restais que très peu de ressources à mon avantage pour m’en sortir,
j’acceptais mieux le fait de l’être. Certainement parce que je ne pouvais plus le nier, et que je n’étais pas admise en service de réanimation pour rien.
Cette hospitalisation en réanimation, m’a, je crois, permis d’avoir comme un déclic. J’ai eu vraiment peur pour ma vie et j’ai réalisé que je ne devais surtout pas en finir maintenant.
Grâce à ça, j’ai pu remonter un peu la pente, malheureusement ça n’a pas duré. La
culpabilité avait repris le dessus.
J’ai cru, pendant cette période où je remontais doucement la pente, que la maladie me
quittait petit à petit, jusqu’à ce que je me persuade à nouveau que « je ne l’étais plus ».
Cercle vicieux.
Je me suis vite rendu compte que la facilité à laquelle j’aspirais n’étais pas de la partie. Mes difficultés étaient toujours bel et bien présentes. Plus particulièrement dans les petites choses censées être simples, banales et ordinaires, devenues dorénavant plus
insurmontables que jamais.
Noel, qui n’allait pas tarder d’arriver après cette hospitalisation à été l’un de mes pires.
Après une énième période de restriction, je voyais arriver les boîtes de chocolats sous le
sapin. Je ne voulais plus les voir. Alors autant vous dire qu’elles n’ont pas fait long feu.
J’étais fatiguée, j’avais faim, et la boulimie n’a pas tardé à venir me dire bonjour. Je ne
faisais pas de très grosse crises, mais j’avais quand même repris quelques kilos, et ceux là, ils me sont restés en travers de la gorge.
Je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui si je n’avais pas eu un petit espoir, un objectif
auquel m’accrocher, ( celui d’avoir le bac un jour ), pour pouvoir maintenir difficilement ces quelques kilos récupérés.
Me faire souffrir pour me sentir vivante, me sentir exister et tenter de gagner l’affection des autres car je me suis sentie oubliée ; ou bien au contraire, pour disparaître en tentant
d’éradiquer, d’effacer le regard des autres qui me terrifie, car je me trouve affreuse, et je
pense que je ne mérite pas de vivre.
J’aurais beau me dire avoir fait le tour, être passé par toutes les situations possibles et
inimaginable, et savoir ce qu’il faut faire, je n’arrive pas à me défaire de cette emprise qu’a la maladie sur moi, et je n’éprouve aucunement l’envie d’avancer. Comme si j’étais attirée par le vide, par le néant. Hantée par la peur de sortir de cette maladie. On ne m’a vue pratiquement qu’a travers elle depuis 4 ans, et maintenant, qui suis-je sans elle ?
Avec elle, je ne suis plus que l’ombre de moi même, et sans elle, ce sera sans doute pareil.
Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit je tout ça est loin d’être fini pour moi.
Aujourd’hui je vais beaucoup mieux, mais je suis encore loin de m’en être sortie. Disons que je ne mange que très peu de choses, mais en quantités suffisante. J’ai peur que cela ne dure pas. Cette année 2018 va s’annoncer décisive pour moi. Cette année je passe mon
bac. Si jamais je ne l’obtenais pas, c’est 3 ans de ma vie qui s’écrouleraient sous mes pieds, 3 ans de travail acharné, pour finir sans rien. Pour me sentir encore plus nulle et incapable que jamais, et avoir l’impression de passer à côté de tous mes rêves, qui deviendront désormais irréalisable, à défaut d’avoir été trop ambitieuse. Si cela devait se produire, je serais définitivement détruite, anéantie.
Cette fois ci, je n’aurais plus rien à quoi me raccrocher si ce n’est l’aide de mes proches et
des spécialistes que je refuse catégoriquement.
Je n’ai pas eu mon BEP lors de mon année de première, et je sais déjà à quel point ça a été
douloureux. Pourtant j’ai de très bonne notes, et tout s’est joué à 0.5 points près.
Je suis en BAC pro ERA spécialité bois, et je ne saurais vous dire à quel point il est difficile
de travailler pendant des heures, debout dans un atelier, à essayer de fabriquer un meuble, alors que je tenais à peine sur mes deux jambes. A faire des stages dans des menuiseries ou des bureaux d’architectes. Je suis encore surprise pour mon sang froid dans ces moments là et me demande encore comment j’ai survécu à tout ça !
Et puis j’avais manqué pas mal de cours à cause de mes hospitalisations répétitives.
Oui, je n’ai pas choisi le domaine le plus facile, mais au moment où j’ai du faire mon choix j’étais encore totalement perdue. Le lycée où j’avais fait ma seconde générale ne me convenait pas du tout, l’année s’était vraiment très mal passée et je n’avais aucune envie d’y retourner. Pour être franche, je crois que ça a été l’année la plus douloureuse de toute ma scolarité entière. Celle ou je venais véritablement de plonger dans l’anorexie.
Sandra B.
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