Avoir conscience de son corps, pour mieux en prendre soin

Si le moral subit les méandres de la dépression, des angoisses, de la souffrance, due à l’anxiété, notre corps, lui, les endure de façon encore plus percutante, parfois même à long terme, et c’est très souvent que l’on retrouve comme « des restes » de nos années de maltraitance envers nous-même…

Qu’il s’agisse simplement de l’angoisse qui semble nouer nos intestins entre eux, ou bien lorsque la peur se manifeste dans nos muscles, qu’elle les force à se contracter, que tout notre corps est tendu, crispé, ou bien des palpitations, cette sensation de sentir son propre cœur battre à cent à l’heure, trop vite, trop fort…

  • Des comportements destructeurs : transférer la douleur sur la nourriture, en se privant de manger, jusqu’à en avoir des crampes d’estomac, ou au contraire, en ingurgiter de grandes quantités jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de tout garder…
  • Des actes d’automutilation, pour soi-disant, apaiser sa douleur… Alors que s’en suivra, de la culpabilité, de la honte, et l’obligation d’admettre que c’est encore pire après… Regarder ses cicatrices et se rappeler…

Le corps ne devrait pas avoir à dire « stop » à ce qu’on lui fait endurer. Il est notre meilleur allié, et non pas notre ennemi ou un bouc émissaire. Il n’a pas à porter les répercutions des violences que l’on a pu subir, de la tristesse qui rythme notre vie, des moments où les pensées négatives envahissent les esprits, et où l’on ne trouve que lui pour manifester la souffrance, la frustration, la colère qui nous assaille…

 

Apprendre à se reconstruire, passe par l’acceptation de soi, la bienveillance envers nous-même.

Mais qu’il est difficile de prendre soin de soi, lorsqu’on est quotidiennement dans la souffrance, que le corps nous évoque seulement, de la honte et du dégoût.

Comment le mettre en valeur, lui apporter les soins adaptés, alors qu’il est probablement l’élément que l’on a passé le plus de temps à détruire ?

Tout le monde connait les mécanismes de la mémoire. La mémoire vive, la mémoire à long terme, on parle également de la mémoire visuelle, ou auditive…

Mais je suis persuadée, que le corps aussi se souvient. Qu’il se rappelle de chaque événement qui a fait partie d’une vie. En particulier, des souvenirs négatifs, les douleurs, qu’il a ressenti, lorsqu’on a pu recevoir, des coups. Peut être qu’un hématome est apparu, puis qu’il s’est effacé, mais au-delà de ça, le corps n’oublie pas. Les cicatrices peuvent s’atténuer, devenir presque invisible, elles seront toujours gravées dans notre chair. Qu’on les voit encore ou non.

Contrairement au cerveau, qui peut faire abstraction de certains épisodes traumatisants de notre vécu, le corps ne peut pas souffrir d’amnésie, alors il exprimera ses douloureux souvenirs, à travers des symptômes, parfois psychosomatiques. Mais même si l’origine de la souffrance est psychologique, la douleur est tout de même présente, et ressentie.

L’angoisse fait mal, elle noue de l’intérieur, broie doucement, que le cerveau accepte ou  non ce qu’on a été contraint d’endurer, le corps le subira dans tous les cas.

Rechercher l’origine de sa souffrance intérieure, pour mieux l’apaiser, est le moyen le plus efficace de soulager le corps des maux de l’âme.

Ne pas se respecter, dépasser les limites que le corps peut tolérer, est aussi une façon de « poursuivre » les violences qui ont pu nous détruire. Dire stop aux violences extérieures, ne suffit plus, il faut aussi prendre sur soi, et s’interdire d’utiliser son corps comme moyen d’expression, aussi bien pour attirer l’attention sur notre mal être, qu’essayer de faire diminuer l’angoisse.

Le corps ne mérite pas de payer pour les crimes des autres. Pour les violences, les moqueries… Il mérite au contraire que l’on commence enfin à le traiter correctement, comme un trésor précieux, parce qu’un corps, nous n’en avons, et n’en aurons toujours qu’un seul.

Alors inutile de perpétuer le mal qu’on a pu lui faire. Même s’il s’en souviendra toujours.

Apprenons lui qu’il peut avoir des sensations agréables, après un bon bain chaud, ou en portant un vêtement doux. Que des gestes simples, comme être enlacés n’a pas à être une source d’angoisse, que ça peut être réconfortant. Que la proximité avec les autres ne nécessite pas forcément d’activer toutes les alarmes « danger » du cerveau. Qu’il existe des moyens de se faire du bien, et que même si ça ne fait pas partie de nos habitudes, que le corps ne réagit pas à ces nouvelles expériences parce qu’elles demeurent inconnues pour lui, il finira par s’y habituer.

Prendre soin de son corps, aide aussi à faire remonter l’estime de soi. Ne plus avoir à culpabiliser pour ce qu’on lui fait, apaise notre conscience.

Ca peut permettre de se regarder dans un miroir, et rencontrer une personne en quête de reconstruction, et plus seulement un bloc de souffrance.

Arrêter de maltraiter son corps, c’est éliminer peu à peu, les bonnes raisons de mal se juger.

C’est apprendre à devenir quelqu’un de bien dans son corps, et qui se traite correctement.

Tous ces actes que tu ne commettrais sur personne, et que tu ne souhaiterais pas aux autres, ne te les inflige pas.

Aurore

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s